Entretien

Point sur la formation des jeunes sur la notion de citoyenneté, l’extrémisme violent et la radicalisation à Ndjamena

Le programme de l’atelier de formation sur la notion de citoyenneté basée sur les valeurs universelles du respect des droits humains, du patriotisme, de l’acceptation de la différence et de la promotion  de la paix est à l’ordre du jour à Ndjamena du 09 au 10 Janvier 2018. Cet atelier s’inscrit dans le cadre de renforcement de résilience communautaire contre l’extrémisme violent et la radicalisation des jeunes face aux conflits locaux dans la commune de 8ème arrondissement de la capitale Tchadienne. Cet atelier a permis la participation à plus de 70 jeunes des différentes couche sociale, les différents leaders de la confessions religieuses, les chef des carrés et d’autre personne ressource pour débattre sur des différents thèmes en rapport avec la radicalisation et la coexistence pacifique. A propos, Dandal Kura Radio international s’est exclusivement entretenu avec  le consultant-formateur Professeur. Kodi Mahamat. Nous vous proposons cet entretien.

Dandal Kura Radio international : Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la radicalisation et la deradicallisation ?

Professeur. Kodi Mahamat : c’est une notion qui est très complexe quant à sa définition mais généralement on parle de radicalisation lorsque des jeunes gens se trouvant dans une situation socio-culturelle économique et même religieuse donnée, se découvrent un destin de prédicateur ou d’expansion d’une religion ou d’une idéologie qui tiennent à l’imposer sur toute la société entière. En ce moment on dit que ces jeunes gens se radicalisent.

Maintenant la deradicallisation c’est l’action mené en direction de ces jeunes pour les amener à renoncer à cet idéal pour le moins néfaste pour la cohésion sociale.

Dandal Kura Radio international : Comment peut-on faire pour que les jeunes ne se radicalisent ?

Professeur. Kodi Mahamat : Pour que les jeunes ne se radicalisent pas, il n y a pas 36 solutions, il y a d’abord le fait qu’on sache que si ces jeunes se radicalisent c’est parce qu’ils se trouvent dans une situation socio-économique critique. Ils n’ont pas d’emplois, ils n’ont pas pu poursuivre leurs études plus longuement. Ils n’ont donc pas d’avenir assez chantant et dans ce cas ils ont tentée de se cacher derrière l’extrémisme violent pour s’affirmer et pour s’imposer.

Pour les amener à se déradicaliser  et à éviter qu’ils se radicalisent il y a lieu qu’a même de construire des écoles et de faire en sorte que ces jeunes gens suivent des cours aussi longtemps que possible, et aussi de créer des emplois qui occupent ces jeunes gens et de faire en sorte qu’un minimum d’équité et de justice sociale soit naturellement observée dans cette zone là pour éviter que ces jeunes gens se trouvent marginalisé .

Dandal Kura Radio international : Quel rôle les médias peuvent-ils jouer dans la radicalisation ?

Professeur. Kodi Mahamat : Les medias, ce sont eux même qui sont au premier plan. Ils doivent être les relais de tous les discours politiques, de toutes les actions du gouvernement et comme des sociétés civiles en direction de ces jeunes-là pour éviter leurs course perdues d’avance. Je pense que les rôles des médias est un rôle primordial dans la phase de deradicallisation qui doit  concerner tous les jeunes dans les zones affectés.

Dandal Kura Radio international : Après chaque conflit, il y a le pardon, qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur ça ?

Professeur. Kodi Mahamat : Ecouter, le pardon, la tolérance, la non-violence, le comportement civique doit habiter  tous les Tchadiens, jeunes, moins jeunes tout comme les vieillards parce que c’est l’absence de ce comportement civique de mis en œuvre ou d’implémentation de notre citoyenneté qui fait que certains se sentent au-dessus des autres. Et lorsque entre Tchadiens, on commet une telle ou telle erreur devant un tel ou tel tchadien, la moindre des choses c’est de lui demander pardon. Le pardon est d’abord religieusement une exigence d’un croyant en direction du croyant. Lorsque vous sentez que vous avez commis une erreur ou du tort vis-à-vis de l’autre, vous devez lui demander pardon parce que ce dernier fait apaiser l’ardeur disons  belliqueuse de l’autre. Donc le pardon est un acte de merci de a bouche qui inspire de la gratitude.

Dandal Kura Radio international : Quel message de pardon particulier lancez-vous à la population du Lac Tchad?

Professeur. Kodi Mahamat : Ecouter, pour ces jeunes gens désemparés hier se sentant marginaliser et ayant été berné par l’appas constitué par l’argent qu’on leur offre ont regagné les rangs des Boko Haram .Aujourd’hui, certains sont revenus à la légalité, moi je pense que effectivement quand la personne se repend et reconnait qu’il était dans l’errements, il y a lieu de le pardonner. Les chefs des cantons, les chefs de villages et les autorités administratives, chacun dans son coin doit cultiver l’esprit de pardon pour que ceci soit répandu à l’endroit de nos frères qui sont égarés et qui sont revenus à légalité tout comme vis-à-vis de nous-même. Le pardon s’impose à tout le monde et chacun doit pardonner pour que la paix et la stabilité règnent.

Dandal Kura Radio international : Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur cet atelier?

Professeur. Kodi Mahamat : Dans cet atelier, je dois suis un intervenant invité à présenter le défis de la citoyenneté et la lutte contre la radicalisation des jeunes. Donc cet atelier doit être en principe suivi de plusieurs autres actions visant à pérenniser les acquis d’un atelier. Lorsqu’un atelier se tient et qu’on n’arrive pas à pérenniser les acquis c’est-à-dire  les recommandations qui en ont résulté et bien c’est un atelier de plus c’est tout. Il faut toujours faire en sorte que tous les ateliers soient suivis de mise en œuvre sur le terrain.

Dandal Kura Radio international : Quel message de conscience citoyenne lancez-vous à tous les jeunes du Tchad ?

Professeur. Kodi Mahamat : Tous les jeunes doivent d’abord bénéficier de cette formation qui consiste à leur montrer qu’ils sont tous des citoyens devant la loi. Et comme telle le minimum qu’on demande à chaque jeune c’est le pardon, la tolérance vis-à-vis de son frère c’est bien entendu d’exercer son droit de citoyenneté, connaitre ses droit, connaitre ses devoir c’est ça qui du citoyen un citoyen exemplaire recherché.

Dandal Kura Radio international : Merci Professeur Kodi Mahamat 

Professeur Kodi Mahamat : Merci Dandal Kura Radio international.